Arts africains contemporain et modern

Abou TRAORE (1960 – ) Artiste bronzier de Bobo-Dioulasso, Burkina-Faso

J’ai eu la chance de rencontrer l’artiste burkinabè Abou Traoré en 2012. C’est au hasard des tournées pour les spectacles de la Cie Lanabel que j’ai fait un stop à Bobo-Dioulasso au Burkina-Faso.
J’ai été très surpris de découvrir cet artiste hors norme au Burkina, travaillant le bronze en lien avec sa culture et une approche moderniste.

Abou Traoré en 2012 dans son atelier.

Depuis, nous avons appris à nous connaître, nous faire confiance et devenir ami. Grâce à la vente de ses bronzes sur l’Europe, Abou a pû se libérer des difficultés financières et développer de plus grandes pièces et un autre aspect de sa création.

Sahab Koanda est né en 1971 à Tanghin-Dassouri, Burkina-Faso.
Artiste pluridisciplinaire et autodidacte, il vit et travaille à Ouagadougou au sein de l’Atelier Ka-Yiiri

Ces trois masques ont été créés en 2020.
Masque Guerrier
Fortement marqué par les images de Shaka Zulu feuilleton télévisé sud-africain de 1986 mettant en scène un héros de la lutte anti-coloniale du XIXe siècle, Sahab s’empare de la thématique guerrière. Il intègre à ce masque un fragment de porte en fer rouge, des cornes d’antilope et des fibres issues de sac de riz.

Masque Trait d’union
Ce masque arborant des cuillers rappelle qu’au moment des saisons on doit mettre en commun la nourriture pour honorer les ancêtres auprès du chef de la communauté. Chacun apporte ce qu’il a, qui du tô, qui du riz soumbala, qui du poulet…Le sens collectif doit toujours primer sur l’individu. « Une seule main ne peut pas ramasser la farine ». L’union fait la force.

Cuillères, bois sauvage récolté dans la forêt + fer récupéré d’un capot de moto, cornes, couvercle de bidon

Masque La réussite
Lorsque l’on se bat ensemble pour atteindre un objectif et que celui-ci est atteint alors on se réunit pour fêter cette réussite. On s’assoie et on consomme en commun. A la mode occidentale cela se concrétise avec des couverts. On ne relève pas un défi tout seul. Pour ce masque j’ai récupéré un morceau d’aluminium blanc provenant d’une moto et qui masquait la courroie de transmission.

Gabriel BIEN-AIMÉ – Haïti
Deux personnages et oiseaux. Tôle découpée ajoutée, oxydée, gravée, signée en bas. 43 x 34,5 cm

Gabriel BIEN-AIMÉ est né à la Croix des Bouquets en 1951. Élève du sculpteur Janvier Louis-Juste, il est connu pour être l’un des meilleurs sculpteurs de fers découpés.
Mélangeant thèmes vaudous et chrétiens, il se distingue par l’accentuation du relief de ses oeuvres due au pliage du fer et à l’adjonction de pièces de métal rapportées.
Il a vécu à Boston à partir de 1999 et est revenu s’installer en Haïti en 2015.

Il participe à la célèbre exposition « Les Magiciens de la terre », a exposé internationalement, notamment au Musée national d’art moderne de Paris, au Milwaukee Art Muséum, au Davenport Museum, au Grand Palais, à l’Abbaye de Daoulas, à la Halle Saint-Pierre, au Fowler Museum, au Musée du Montparnasse, au Museo del Barrio, au Queens Museum of Art et ses oeuvres font partie de la collection du Centre Pompidou, du Musée du Quai Branly, de la Collection du Musée national d’art moderne de Paris, du Waterloo Museum, du Figge Art Museum, du Milwaukee Art Museum, du Centre d’Art, du Musée d’Art Haïtien et du Collège Saint-Pierre.

Kader Abdul Kaboré est un artiste burkinabè protéiforme, né en 1988 à Ouagadougou.
Il vit et travaille au Burkina-faso.

Zephania Tshuma-Zimbabwe (1932-2000) Zimbabwe

Artiste autodidacte, il vivait dans la région désertique de la tribu Ndébélés. Ses sculptures sur bois aux couleurs vives caricaturent sa société en révélant des personnages drôles et inquiétants. Tshuma mêle le sacré et le profane en faisant preuve d’un grand sens de l’humour. Il crée des hommes à tête de serpent, une Marie donnant la fessée à Jésus devant deux témoins , des dragons incarnant le virus du sida, des totems au sexe dressé. D’abord inspiré de thèmes bibliques et hanté par des questions sur la religion, il exorcise ensuite une réalité dramatique et suffocante en décrivant la vie et les problèmes qu’il observe dans son entourage.

En 1983, il remporte le premier prix d’un concours organisé par le Ministère de la Culture du Zimbabwe avec un “Christ en pyjama rayé”. Il a exposé principalement en Allemagne, au Danemark et en Belgique. Disparu fin 2000, Tshuma laisse une oeuvre unique abordant des thèmes sans aucun tabou.


Siriki Ky
né en 1953, vit et travaille au Burkina-Faso et en France

« Tête précieuse » Bronze patiné

La réalisation de ce bronze a été documenté par un film de Christian Lajoumard, Acrobates film. les photos du processus de fonte sont issues de ce documentaire.