Galerie de campagne François Deneulin
 
 
"L'art est ce qui résiste à la mort" (Malraux*) et ce qui crée un chemin de curiosité et d'ouverture aux mondes
 
 
 
 
 
 
 
 

Images du printemps

 
 

Avec Cathy Peylan, Emilie Jouvet et Jeanne Erre
Du 6 février 2016 au 26 mars 2016 – vernissage le samedi 6 février de 16h à 20h

« Images du printemps » est la première présentation d'un cycle, qui reviendra annuellement, autour des sexualités, du désir et de ses représentations.
Nous ouvrirons avec le travail de trois photographes femmes, Cathy Peylan, Emilie Jouvet et Jeanne Erre.

Quelques photos de l'exposition

Article sur Emilie Jouvet dans Carnet d'art
Article sur Cathy Peylan dans Le littéraire

            

Cathy Peylan - www.peylan.com

Autodidacte tombée jeune dans la photographie noir et blanc, elle rencontre au fil des années Pierre Jean Amar, Jean Yves Brégand, Guy Delahaye, Claude Raimond Dityvon, Guy Le Querrec et Loïs Greenfield. Lauréate du prix du jury noir et blanc Ilford 1993 avec un travail sur le nu, elle mêle ensuite techniques argentiques et numériques dans son approche de la couleur tout en travaillant les procédés anciens et les transferts Polaroïd avec Luc De Bast.

Photographe de danse depuis 1988, ce contact permanent avec la danse oriente son travail personnel : le corps devient son sujet principal, le langage du corps et ce qu'il révèle/raconte de nous-même, toutes les transformations qu'il peut subir, le corps des femmes vers lequel la pousse sa sensibilité.
En parallèle, elle rencontre en 1996, les Belladonna 9ch (duo de musiciennes marseillaises) dont elle suit les concerts. Elle participe à la réalisation de leurs pochettes des CD « Marseilles » et « Morsures ».

Elle "déserte" la photographie quelques années mais revient en 2014 avec deux expositions à Marseille (« Liqueurs de chair -Preljocaj » et « Danses et autres images ») et surtout l'envie d'une autre façon de photographier :
I-Pictures (prise de vue I-Phone, traitement rapide par apps sur I-Pad, publication web immédiate) est une série de (presque) instantanés où le face à face avec l'émotion ne dure/ne lui appartient que quelques minutes avant la confrontation au regard des autres.

Emilie Jouvet - www.emiliejouvet.com

Issue des Beaux Arts et de l’École Nationale Supérieure de la Photographie, Emilie Jouvet est réalisatrice et photographe.
En 2005, elle réalise le premier long métrage queer lesbien et transgenre français : One Night Stand
En 2009, elle monte une troupe éphémère de performeuses, pour une tournée européenne, afin de réaliser son deuxième long-métrage Too Much Pussy! Feminist Sluts in the Queer X Show, un roadmovie documentaire sur le mouvement féministe sexpositif.

Ancien membre de la Queer Factory, elle cofonde différents collectifs d’artistes : TTMF, La Fem Menace, Les Productions Contraires. Depuis 2012, ses films sont au catalogue du CJC Collectif jeune Cinéma.
Explorant depuis 15 ans la scène queer européenne, son travail photographique, entre portraits intimistes et mises en scène subversives, joue avec le genre et l’identité des corps qui s’affirment et luttent contre leurs propres frontières biologiques et culturelles.
Ces films et vidéos, à la croisée des mouvements queers, féministes et post-porn, questionnent et détournent les normes sociales qui pèsent sur les discours et les représentations du désir, tout en affirmant une esthétique alliant sexualité et politique.
Son travail a été primé dans les festivals de cinéma internationaux, diffusé au cinéma et à la télévision (Canal+, Pink TV) et édité en DVD dans différents pays.

Jeanne Erre

Dans les années 1980, elle se nourrit d'images dans la cabine de projection d'un cinéma d'art et essai de province où travaille sa mère. Délaissant le lycée elle passe ses journées à regarder défiler des images venus d'ailleurs bercée par le ronflement des projecteurs. Godard, Dreyer, Cassavetes et d'autres nourriront son imaginaire.
Modèle vivant à l'atelier de la Grande Chaumière et aux Beaux Arts de Paris, elle apprendra la peinture à l'écoute des professeurs comme Cremonini ou Alberola.
Dans les années 90, elle tourne à deux reprises avec Jean-Luc Godard. Ces expériences lui donneront le goût du cadrage et de la lumière.
Depuis 2014, elle commence à montrer son travail photographique sur facebook, d'abord par défi personnel puis de manière plus conséquente suite aux réactions du public. Une première exposition trouve place dans une galerie fin 2015 à Modène, en Italie.


Quelques photos de la préparation de l'exposition et du vernissage réalisées par Cathy Peylan
 
 
 
 
Marchand d'art et d'objets anciens, modernes et contemporains, d'ici et d'ailleurs - Achats et reventes - estimation gratuite - succession - atelier d'artistes et fonds de collection
© 2016 François Deneulin - 200, Grande Rue - 38 530 Barraux - Isère - Rhône-Alpes - France - Tél. : 00 33 (0)9 72 83 34 75- SIRET 513 721 035 00014
 
 

*"La communication, c'est la transmission et la propagation d'une information. Or, une information, c'est quoi ? ce n'est pas très compliqué, tout le monde le sait : une information, c'est un ensemble de mots d'ordre. Quand on vous informe, on vous dit ce que vous êtes censés devoir croire. En d'autres termes : informer c'est faire circuler un mot d'ordre. Les déclarations de police sont dites, à juste titre, des communiqués ; on nous communique de l'information, c'est-à-dire, on nous dit ce que nous sommes censés être en état ou devoir croire, ce que nous sommes tenus de croire. Ou même pas de croire, mais de faire comme si l'on croyait, on ne nous demande pas de croire, on nous demande de nous comporter comme si nous le croyons. (...) Ce qui revient à dire : que l'information, c'est exactement le système du contrôle. (...)

Quel est le rapport de l'oeuvre d'art avec la communication ? Aucun. L'oeuvre d'art n'est pas un instrument de communication. L'oeuvre d'art n'a rien à faire avec la communication. L'oeuvre d'art ne contient strictement pas la moindre information. En revanche, il y a une affinité fondamentale entre l'oeuvre d'art et l'acte de résistance. Alors là, oui. Elle a quelque chose à faire avec l'information et la communication, oui, à titre d'acte de résistance. Quel est ce rapport mystérieux entre une oeuvre d'art et un acte de résistance, alors même que les hommes qui résistent n'ont ni le temps, ni parfois la culture nécessaire pour avoir le moindre rapport avec l'art ? Je ne sais pas. Malraux développe un bon concept philosophique. Il dit une chose simple sur l'art : "C'est la seule chose qui résiste à la mort." (...) Oui, sans doute, il suffit de voir une statuette de trois mille ans avant notre ère pour trouver que la réponse de Malraux est une plutôt bonne réponse. Alors, on pourrait dire, oui, l'art c'est ce qui résiste. Tout acte de résistance n'est pas une oeuvre d'art, bien que, d'une certaine manière il le soit. Toute oeuvre d'art n'est pas un acte de résistance et pourtant d'une certaine manière, elle l'est...(...) L'acte de résistance, il me semble, a ces deux faces : seul il résiste à la mort, soit sous la forme d'une oeuvre d'art, soit sous la forme d'une lutte des hommes.

Et quel rapport y a-t-il entre la lutte des hommes et l'oeuvre d'art ?

Le rapport le plus étroit et pour moi le plus mystérieux. Exactement ce que Paul Klee voulait dire quand il disait : "vous savez, le peuple manque." (...) Il n'y a pas d'oeuvre d'art qui ne fasse appel à un peuple qui n'existe pas encore."

Gilles Deleuze, extrait de la conférence "Qu'est-ce que l'acte de création ? "donnée dans le cadre des Mardis de la fondation Femis, 17 mai 1987 - extrait publié dans "Manière de voir n°148 - Artistes domestiques ou révoltés ?"

 

.

.