Galerie de campagne François Deneulin
 
 
"L'art est ce qui résiste à la mort" (Malraux*) et ce qui crée un chemin de curiosité et d'ouverture aux mondes
 
 
 
 
 
 
 
  Ruytchi SOUZOUKI - Un japonais à Paris de 1921 à 1985  
 

Pour en savoir plus, la section du site consacré à cet artiste : section SOUZOUKI

Du 11 juin au 9 juillet - vernissage le samedi 11 juin de 16h à 20h

Souzouki fait partie de ces artistes aux pratiques singulières, inscrits dans le milieu professionnel mais dont la reconnaissance de leur vivant fut difficile voir impossible du fait de l'évolution et de la particularité de leur travail.
Aujourd'hui, mis à jour par plusieurs passionnés, nous commençons à mieux percevoir son parcours, ses obsessions et se révèle la pertinence du regard qu'il a posé sur son temps et sur lui-même.

Né en août 1904 au Japon, il fait son apprentissage auprès du maître Sanzo Wada puis il poursuit à l'école des beaux-arts de Rio de Janeiro lorsque son père s'y rend pour le travail.

Le poète et dramaturge Paul Fort le remarque et le fait venir à Paris. Dès son arrivée, il sera exposé à la Galerie Manuel Frères, pour laquelle un catalogue sera préfacé par le poète et critique d'art André Salmon.
Il rencontrera le célèbre peintre Foujita, le mécène Jirohachi Satsuma, et fréquentera la colonie des peintres japonais établi à Paris.
Il participera régulièrement au Salon d'Automne, au Salon des Tuileries et au Salon des indépendants ainsi qu'à des expositions de groupe organisées par ses compatriotes.

Il meurt dans une totale indifférence en 1985. On le découvrit deux jours après sa mort dans son atelier et on l'enterra plus d'un mois plus tard après avoir vainement attendu que sa dépouille soit réclamée.

Cette exposition se propose d'être un modeste jalon pour rendre hommage à cet artiste et faire reconnaître son œuvre.

 
 
 
 
 
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*"La communication, c'est la transmission et la propagation d'une information. Or, une information, c'est quoi ? ce n'est pas très compliqué, tout le monde le sait : une information, c'est un ensemble de mots d'ordre. Quand on vous informe, on vous dit ce que vous êtes censés devoir croire. En d'autres termes : informer c'est faire circuler un mot d'ordre. Les déclarations de police sont dites, à juste titre, des communiqués ; on nous communique de l'information, c'est-à-dire, on nous dit ce que nous sommes censés être en état ou devoir croire, ce que nous sommes tenus de croire. Ou même pas de croire, mais de faire comme si l'on croyait, on ne nous demande pas de croire, on nous demande de nous comporter comme si nous le croyons. (...) Ce qui revient à dire : que l'information, c'est exactement le système du contrôle. (...)

Quel est le rapport de l'oeuvre d'art avec la communication ? Aucun. L'oeuvre d'art n'est pas un instrument de communication. L'oeuvre d'art n'a rien à faire avec la communication. L'oeuvre d'art ne contient strictement pas la moindre information. En revanche, il y a une affinité fondamentale entre l'oeuvre d'art et l'acte de résistance. Alors là, oui. Elle a quelque chose à faire avec l'information et la communication, oui, à titre d'acte de résistance. Quel est ce rapport mystérieux entre une oeuvre d'art et un acte de résistance, alors même que les hommes qui résistent n'ont ni le temps, ni parfois la culture nécessaire pour avoir le moindre rapport avec l'art ? Je ne sais pas. Malraux développe un bon concept philosophique. Il dit une chose simple sur l'art : "C'est la seule chose qui résiste à la mort." (...) Oui, sans doute, il suffit de voir une statuette de trois mille ans avant notre ère pour trouver que la réponse de Malraux est une plutôt bonne réponse. Alors, on pourrait dire, oui, l'art c'est ce qui résiste. Tout acte de résistance n'est pas une oeuvre d'art, bien que, d'une certaine manière il le soit. Toute oeuvre d'art n'est pas un acte de résistance et pourtant d'une certaine manière, elle l'est...(...) L'acte de résistance, il me semble, a ces deux faces : seul il résiste à la mort, soit sous la forme d'une oeuvre d'art, soit sous la forme d'une lutte des hommes.

Et quel rapport y a-t-il entre la lutte des hommes et l'oeuvre d'art ?

Le rapport le plus étroit et pour moi le plus mystérieux. Exactement ce que Paul Klee voulait dire quand il disait : "vous savez, le peuple manque." (...) Il n'y a pas d'oeuvre d'art qui ne fasse appel à un peuple qui n'existe pas encore."

Gilles Deleuze, extrait de la conférence "Qu'est-ce que l'acte de création ? "donnée dans le cadre des Mardis de la fondation Femis, 17 mai 1987 - extrait publié dans "Manière de voir n°148 - Artistes domestiques ou révoltés ?"

 

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