Galerie de campagne François Deneulin
 
 
"L'art est ce qui résiste à la mort" (Malraux*) et ce qui crée un chemin de curiosité et d'ouverture aux mondes
 
 
 
 
 
 
 
  Bruno LERAY  
 
Peintures - www.brunoleray.fr
Du 7 mai au 5 juin - vernissage le samedi 7 mai de 16h à 20h
Article dans Carnet d'art
Article dans les affiches de Grenoble
Photos de l'exposition lors du vernissage du 7 mai 2016
   

 

« Vermeer est un peintre fin qui peint flou. Curieux. »
Daniel Arasse Histoires de peintures

A 18 ans, voulant « faire les Beaux-Arts », il a vu sa vie se jouer différemment. Il arrive à Grenoble en 1983 pour finalement devenir éducateur spécialisé.
Parallèlement à son métier, il pratique le théâtre, la danse contemporaine, mais c’est la peinture qui s’impose dans les années 90. Au fil du temps, du travail, des rencontres, des expositions, la peinture grignote du terrain pour devenir son activité principale, à Chimilin, en Isère, où il installe son atelier.

Depuis plusieurs années, son travail se concentre autour de la représentation de la figure humaine.
Le « sujet », portrait, buste, ou tête imaginaire, agit comme un révélateur de ses impressions intimes, et, à travers elles, c’est l’image d’une humanité en quête de sens qu’il renvoie. Le miroir déforme, brouille les certitudes, instille un mystère au delà des apparences.

« Impression atelier » (IA) fait référence à Monet : « Impression, soleil levant ».
Sur le plan formel, les vitres anciennes à facettes de son atelier diffractent les contours et le corps du sujet comme autant de touches impressionnistes.
La technique est là pour servir la recherche d’une expression singulière, surprenante, troublante même, et pour faire sens. Il est question de perception, de sensation, de mémoire, d’identité.
Dans le processus de création, la photo, en amont, jette son trouble et offre des possibles qui seront validés par la peinture dans un long travail d’appropriation, une multitude de touches, de glacis, une recherche des valeurs chromatiques.

 
 
 
 
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*"La communication, c'est la transmission et la propagation d'une information. Or, une information, c'est quoi ? ce n'est pas très compliqué, tout le monde le sait : une information, c'est un ensemble de mots d'ordre. Quand on vous informe, on vous dit ce que vous êtes censés devoir croire. En d'autres termes : informer c'est faire circuler un mot d'ordre. Les déclarations de police sont dites, à juste titre, des communiqués ; on nous communique de l'information, c'est-à-dire, on nous dit ce que nous sommes censés être en état ou devoir croire, ce que nous sommes tenus de croire. Ou même pas de croire, mais de faire comme si l'on croyait, on ne nous demande pas de croire, on nous demande de nous comporter comme si nous le croyons. (...) Ce qui revient à dire : que l'information, c'est exactement le système du contrôle. (...)

Quel est le rapport de l'oeuvre d'art avec la communication ? Aucun. L'oeuvre d'art n'est pas un instrument de communication. L'oeuvre d'art n'a rien à faire avec la communication. L'oeuvre d'art ne contient strictement pas la moindre information. En revanche, il y a une affinité fondamentale entre l'oeuvre d'art et l'acte de résistance. Alors là, oui. Elle a quelque chose à faire avec l'information et la communication, oui, à titre d'acte de résistance. Quel est ce rapport mystérieux entre une oeuvre d'art et un acte de résistance, alors même que les hommes qui résistent n'ont ni le temps, ni parfois la culture nécessaire pour avoir le moindre rapport avec l'art ? Je ne sais pas. Malraux développe un bon concept philosophique. Il dit une chose simple sur l'art : "C'est la seule chose qui résiste à la mort." (...) Oui, sans doute, il suffit de voir une statuette de trois mille ans avant notre ère pour trouver que la réponse de Malraux est une plutôt bonne réponse. Alors, on pourrait dire, oui, l'art c'est ce qui résiste. Tout acte de résistance n'est pas une oeuvre d'art, bien que, d'une certaine manière il le soit. Toute oeuvre d'art n'est pas un acte de résistance et pourtant d'une certaine manière, elle l'est...(...) L'acte de résistance, il me semble, a ces deux faces : seul il résiste à la mort, soit sous la forme d'une oeuvre d'art, soit sous la forme d'une lutte des hommes.

Et quel rapport y a-t-il entre la lutte des hommes et l'oeuvre d'art ?

Le rapport le plus étroit et pour moi le plus mystérieux. Exactement ce que Paul Klee voulait dire quand il disait : "vous savez, le peuple manque." (...) Il n'y a pas d'oeuvre d'art qui ne fasse appel à un peuple qui n'existe pas encore."

Gilles Deleuze, extrait de la conférence "Qu'est-ce que l'acte de création ? "donnée dans le cadre des Mardis de la fondation Femis, 17 mai 1987 - extrait publié dans "Manière de voir n°148 - Artistes domestiques ou révoltés ?"

 

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