Galerie de campagne François Deneulin
 
 
"L'art est ce qui résiste à la mort" (Malraux*) et ce qui crée un chemin de curiosité et d'ouverture aux mondes
 
 
 
 
 
 
 
 

Antonio (Antonino ou Nino) Virduzzo

 

 
 

Antonio (dit Nino) Virduzzo est né au n° 103 de Madison Street à Greenwich Village (New-York) le 21 mars 1926 de parents issus de l'immigration sicilienne, Luciano et Carmela Piccion.
Il décéde le 23 avril 1982 à Rome où il a vécu au 51 Via Della Penna.

Dès 1932, il retourne avec ses parents vivre en Sicile à Comiso.
De 1932 à 1952, il se plonge dans les études artistiques : Ecole d'art de Comiso où il étudie la sculpture sur pierre, l'Art Institute de Florence, l'Accademia Albertina di Torino et l'école de peinture de Casorati où il étudie la peinture, l'Académie des Beaux-arts de Rome où il étudie la gravure.
Ces études sont souvent interrompues par des voyages à l'étranger et tout particulièrement aux Etats-Unis. Il y expose des tableaux où le géométrisme de la nature fait pressentir une libération de la figuration et une orientation de plus en plus abstraite.

En 1946, il émigre aux Etats-Unis.
Entre 1946 et 1949, il expose à la Galerie Hugo (Alexandre Jonas) à New-York. En 1950, il réalise une exposition à la Galerie Bodley à New-York et soutient la création de la Stable Gallery.

Il revient en Italie en 1949 et poursuit ses études à l'Académie de Rome
Il est nommé professeur à l'Accademia di Belle Arti de Catane en Sicile.
En 1951, il organise des échanges artistiques entre l'Italie et les Etats-Unis.

Entre 1952-1955, Il séjourne en France où il réalise de nombreux vitraux, expérience fondamentale pour son évolution artistique. Il poursuit une recherche consistant en une libération de la figuration puis du géométrisme abstrait, qu'il opère en fonction du principe de transparence de la couleur et de la matière.

Entre 1955 et 1962, il réalise des eaux-fortes à couleurs chalcographiques pures par superpositions de planches.
Il passe d'"un nouveau géométrisme" ante litteram où l'influence de Mondrian s'équilibre d'un soucis constant de la transparence de la matière, d'une peinture du continuum, de l'éclatement du géométrisme pur et d'une atomisation totale, expérience proche de ce que l'on appellera plus tard l'op'art.

En 1956, il réalise ses premières expositions personnelles à Rome (Galerie "l'Incontro") et à Tunis (Galerie l'Atelier) puis en 1957, il est invité à exposer au Musée d'Art Moderne de Paris avec l'aide de la Galerie de France ("Comparaisons").
En 1958, il participe à la XXIXème Biennale de Venise
En 1959, il réalise des expositions à Turin, Rome, Paris et Alexandrie.
Durant l'année 1960, il est invité par la National Chalcographic de Rome à exposer en Amérique du Nord, central et du sud ainsi qu'au Japon, en Chine, en Inde, au Pays-Bas, en Allemagne et en Scandinavie.

A partir de 1962, il utilise diverses techniques, jamais considérées en elles-mêmes, mais aux fins d'une recherche de plus en plus rigoureuse, qui de l'atomisation totale du géométrisme (eaux-fortes, gouaches, encaustiques, techniques mixtes), s'affirme en des collages et des lithographies pour aboutir à des reliefs par superposition de cartons colorés et à ses premières sculptures.
En 1962, il publie une monographie de ses gravures et se voit décerner le Grand Prix international de l'Estampe à la XXXIème Biennale de Venise. Il est également présent à la Biennale internationale de Tokyo.

Entre 1961 et 1964, il réalise une grande fresque à la technique mixte intitulé " Hiroshima ".

A partir de 1967, il travaille à l'intégration de son œuvre dans l'espace public et réalise des sculptures monumentales pour des écoles, universités et administrations.

En 1977, il réalise "les boites magiques" formes en plâtre travaillées, résinées et "mis en boite".

Il participe à plus de 900 expositions personnelles ou collectives le long de sa carrière et sera suivi en France, entre autres, par les galeristes Denise René et Suzanne de Coninck. (Voir pages expositions).

virduzzo
 
 
 
 
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*"La communication, c'est la transmission et la propagation d'une information. Or, une information, c'est quoi ? ce n'est pas très compliqué, tout le monde le sait : une information, c'est un ensemble de mots d'ordre. Quand on vous informe, on vous dit ce que vous êtes censés devoir croire. En d'autres termes : informer c'est faire circuler un mot d'ordre. Les déclarations de police sont dites, à juste titre, des communiqués ; on nous communique de l'information, c'est-à-dire, on nous dit ce que nous sommes censés être en état ou devoir croire, ce que nous sommes tenus de croire. Ou même pas de croire, mais de faire comme si l'on croyait, on ne nous demande pas de croire, on nous demande de nous comporter comme si nous le croyons. (...) Ce qui revient à dire : que l'information, c'est exactement le système du contrôle. (...)

Quel est le rapport de l'oeuvre d'art avec la communication ? Aucun. L'oeuvre d'art n'est pas un instrument de communication. L'oeuvre d'art n'a rien à faire avec la communication. L'oeuvre d'art ne contient strictement pas la moindre information. En revanche, il y a une affinité fondamentale entre l'oeuvre d'art et l'acte de résistance. Alors là, oui. Elle a quelque chose à faire avec l'information et la communication, oui, à titre d'acte de résistance. Quel est ce rapport mystérieux entre une oeuvre d'art et un acte de résistance, alors même que les hommes qui résistent n'ont ni le temps, ni parfois la culture nécessaire pour avoir le moindre rapport avec l'art ? Je ne sais pas. Malraux développe un bon concept philosophique. Il dit une chose simple sur l'art : "C'est la seule chose qui résiste à la mort." (...) Oui, sans doute, il suffit de voir une statuette de trois mille ans avant notre ère pour trouver que la réponse de Malraux est une plutôt bonne réponse. Alors, on pourrait dire, oui, l'art c'est ce qui résiste. Tout acte de résistance n'est pas une oeuvre d'art, bien que, d'une certaine manière il le soit. Toute oeuvre d'art n'est pas un acte de résistance et pourtant d'une certaine manière, elle l'est...(...) L'acte de résistance, il me semble, a ces deux faces : seul il résiste à la mort, soit sous la forme d'une oeuvre d'art, soit sous la forme d'une lutte des hommes.

Et quel rapport y a-t-il entre la lutte des hommes et l'oeuvre d'art ?

Le rapport le plus étroit et pour moi le plus mystérieux. Exactement ce que Paul Klee voulait dire quand il disait : "vous savez, le peuple manque." (...) Il n'y a pas d'oeuvre d'art qui ne fasse appel à un peuple qui n'existe pas encore."

Gilles Deleuze, extrait de la conférence "Qu'est-ce que l'acte de création ? "donnée dans le cadre des Mardis de la fondation Femis, 17 mai 1987 - extrait publié dans "Manière de voir n°148 - Artistes domestiques ou révoltés ?"

 

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