Galerie de campagne François Deneulin
 
 
"L'art est ce qui résiste à la mort" (Malraux*) et ce qui crée un chemin de curiosité et d'ouverture aux mondes
 
 
 
 
 
 
 
  Manuel LEONARDI  
 

Né en septembre 1961, vit et travaille en région parisienne

L'image l'a toujours fait vibrer, l'a interpellé, notamment le rapport au noir et blanc dans les dessins, gravures, bandes dessinées.

Autodidacte, il a commencé à dessiner très tôt mais n'abordera l'huile qu'à l'âge de 25 ans. Avec Didier Guinebault, un ami maintenant décédé, ils font leurs premières armes en peignant tout ce qui leur manquait, ce que l'on ne voyait jamais en peinture, ce qui était effacé des paysages : voitures, autoroutes, immeubles HLM, poubelles, plastiques, feux rouges... et qui pourtant les encerclait.

Il aime représenter ce qui le touche, fixer un instant pour se souvenir, transférer sur la toile un état émotionnel ou encore le simple désir de fabriquer ce qu'il n'a pas - dans un dialogue intérieur avec les peintres qui l'ont marqué.

Naviguant en dehors des cercles traditionnels de reconnaissance professionnelle (salon, galerie, centre d’art…), Manuel travaille sur une peinture, parfois facile, mais dont les coups de pinceau font surgir régulièrement des espaces sensibles emplis de vie et de profondeur.

On peut voir des photos de l'exposition sur le portrait suivant : photos par David Richalet

 

Les premiers travaux que j’ai achetés auprès de Manuel ont été de petites encres, esquisses de modèles féminins nus qui parseme ma collection de curiosa.
Celles-ci suggéraient en quelques traits toute la charge érotique sur laquelle l’imagination peut s’épanouir.

Je me suis ensuite intéressé à ce peintre qui travaille sur le motif des sujets urbains sans fioriture, ni travestissement : quai de RER, pont de voie de chemin de fer ou de périphérique, périphérique parisien aux heures de pointes ou tout simplement paysages de banlieue : rues désertées, terrains vagues, place de parking.
A cela, et afin d’être complet, je dois rajouter ses séries de voitures, petits tableaux de 22 x 27 cm qu’il compose de ces machines qui nous véhiculent et que nous laissons traîner chaque jour dans les rues pour son plus grand plaisir.

Une exposition de son travail a eu lieu à la galerie du 30 juin au 17 juillet 2011.

Huit cartes postales ont été éditées pour cette exposition et sont en vente à la galerie, n’hésitez pas à nous les commander.

Un site sur quelques uns de ces tableaux : www.manuelleonardi.info
Sur Art Majeur : www.artmajeur.com/leonardimanuel
Son blog : ruedesimages.blogspot.com/

 
 
 
 
Marchand d'art et d'objets anciens, modernes et contemporains, d'ici et d'ailleurs - Achats et reventes - estimation gratuite - succession - atelier d'artistes et fonds de collection
© 2016 François Deneulin - 200, Grande Rue - 38 530 Barraux - Isère - Rhône-Alpes - France - Tél. : 00 33 (0)9 72 83 34 75- SIRET 513 721 035 00014
 
 

*"La communication, c'est la transmission et la propagation d'une information. Or, une information, c'est quoi ? ce n'est pas très compliqué, tout le monde le sait : une information, c'est un ensemble de mots d'ordre. Quand on vous informe, on vous dit ce que vous êtes censés devoir croire. En d'autres termes : informer c'est faire circuler un mot d'ordre. Les déclarations de police sont dites, à juste titre, des communiqués ; on nous communique de l'information, c'est-à-dire, on nous dit ce que nous sommes censés être en état ou devoir croire, ce que nous sommes tenus de croire. Ou même pas de croire, mais de faire comme si l'on croyait, on ne nous demande pas de croire, on nous demande de nous comporter comme si nous le croyons. (...) Ce qui revient à dire : que l'information, c'est exactement le système du contrôle. (...)

Quel est le rapport de l'oeuvre d'art avec la communication ? Aucun. L'oeuvre d'art n'est pas un instrument de communication. L'oeuvre d'art n'a rien à faire avec la communication. L'oeuvre d'art ne contient strictement pas la moindre information. En revanche, il y a une affinité fondamentale entre l'oeuvre d'art et l'acte de résistance. Alors là, oui. Elle a quelque chose à faire avec l'information et la communication, oui, à titre d'acte de résistance. Quel est ce rapport mystérieux entre une oeuvre d'art et un acte de résistance, alors même que les hommes qui résistent n'ont ni le temps, ni parfois la culture nécessaire pour avoir le moindre rapport avec l'art ? Je ne sais pas. Malraux développe un bon concept philosophique. Il dit une chose simple sur l'art : "C'est la seule chose qui résiste à la mort." (...) Oui, sans doute, il suffit de voir une statuette de trois mille ans avant notre ère pour trouver que la réponse de Malraux est une plutôt bonne réponse. Alors, on pourrait dire, oui, l'art c'est ce qui résiste. Tout acte de résistance n'est pas une oeuvre d'art, bien que, d'une certaine manière il le soit. Toute oeuvre d'art n'est pas un acte de résistance et pourtant d'une certaine manière, elle l'est...(...) L'acte de résistance, il me semble, a ces deux faces : seul il résiste à la mort, soit sous la forme d'une oeuvre d'art, soit sous la forme d'une lutte des hommes.

Et quel rapport y a-t-il entre la lutte des hommes et l'oeuvre d'art ?

Le rapport le plus étroit et pour moi le plus mystérieux. Exactement ce que Paul Klee voulait dire quand il disait : "vous savez, le peuple manque." (...) Il n'y a pas d'oeuvre d'art qui ne fasse appel à un peuple qui n'existe pas encore."

Gilles Deleuze, extrait de la conférence "Qu'est-ce que l'acte de création ? "donnée dans le cadre des Mardis de la fondation Femis, 17 mai 1987 - extrait publié dans "Manière de voir n°148 - Artistes domestiques ou révoltés ?"

 

.

.